Autonomisation économique des femmes : Des technologies pour renforcer la capacité économique des femmes

Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, gage d'un développement durable est l'objectif visé par le gouvernement de transition dans sa politique de promotion de la femme.Cette vision gouvernementale est prise à bras le corps par madame Bibiane OUEDRAOGO/BONI, ministre de la promotion de la femme et du genre qui, du 01 au 03 juin 2015, a parcouru des milliers de kilomètres dans la partie ouest du Burkina, pour remettre des technologies aux femmes.

Ainsi, de Gaoua, chef lieu de la région du Sud Ouest à Bobo-Dioulasso, région des Hauts Bassins en passant par Banfora dans les Cascades, la première responsable de la promotion de la femme et du genre a remis plus de cinq cents types de technologies à plus de deux groupements et associations de femmes. Composées de presses à karité, des étuveuses de riz, des presses à manioc, des décortiqueuses d'arachide, de céréales, de fonio, de néré, de riz, et de soja, des égreneuse de mais, des congélateurs, des cuisinières, des foyers à gaz, des réfrigérateurs, des rôtisseurs de poulet, des machines à broder, à coudre et à tricoter, des métiers à tisser, des moulins à grain, des unités de savonnerie, des ustensiles de cuisine telles que les marmites et les makolas, etc. ces technologies, selon madame la ministre "devraient permettre de renforcer les capacités de production des femmes dans leurs domaines respectifs d'activités, en vue de favoriser la création rapide d'emplois et leur autonomisation économique effective".

En effet, c'est dans le cadre de la mise en œuvre de la Composante 4 du Programme spécial de création d'emploi pour les jeunes et les femmes (PSCE/JF) adopté en 2012, que le Gouvernement à travers le département en charge de la promotion de la femme et du genre, a acquis des technologies au profit des femmes. L'objectif d'un tel programme est de lutter contre le chômage et la pauvreté des jeunes et des femmes. En 2012 et 2013, environ 1500 groupements et associations de femmes ont pu bénéficier des équipements dans divers domaines. Au titre de 2014, plus de 2000 groupements féminins et d'entreprises individuelles sont bénéficiaires des technologies sur toute l'étendue du territoire national.

L'augmentation du fonds de financement de l'entreprenariat féminin qui passe de cinq (05) milliards de francs CFA à six (06) milliards de FCFA.

Les femmes burkinabé représentent plus de 51% de la population burkinabé et constituent plus de 70% des forces actives du développement de la nation. Leur autonomisation doit figurer en bonne place dans la politique de société du gouvernement. Cela ne fait aucun doute. Le Gouvernement de la Transition, qui a placé la femme au cœur de son action a prévu pour ce faire, d'autres actions et mesures conséquentes au profit des femmes. Parmi ces actions soulignent madame la ministre, on peut citer la baisse au cours de cette année du montant de la contribution d'octroi des technologies qui passe de 30% pour les équipements lourds et 40% pour les petits matériels et à 10% pour toutes les technologies sans distinction. Aussi, il est prévu la dotation de deux (02) plateformes multifonctionnelles à chaque région du Burkina Faso; l'augmentation du fonds de financement de l'entreprenariat féminin qui passe de cinq (05) milliards de francs CFA à six (06) milliards de FCFA. et enfin, il y a l'élaboration d'une stratégie nationale de promotion de l'entreprenariat féminin et de son plan d'action, dont la vision consiste à promouvoir «Â Un entrepreneuriat féminin dynamique, diversifié, contribuant efficacement au développement  du Burkina Faso à l'horizon 2025».

La ministre a exhorté les bénéficiaires à faire bon usage et à redoubler d'ardeur et d'ingéniosité afin de donner la preuve à ceux qui en doutent encore, que "investir dans la femme", c'est investir utile",. Ensuite, n'a-t-elle pas manqué de les invité à tenir leurs engagements afin de rembourser dans le délai les prêts qu'elles acquis dans le cadre du guichet de financement de l'entreprenariat féminin, mais aussi les 10% du coût des technologies afin de permettre à d'autres femmes d'en être également bénéficiaires un jour.

Ces conseils comme l'adage le dit "ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd". En effet, les bénéficiaires de chaque région visitée ont, tour à tour, exprimé leurs satisfactions à leur première responsable et au gouvernement tout entier. Elles se sont engagées à faire usage utile de ces technologies car, comme le dit cet autre adage burkinabé, "l'aveugle ne veut que des yeux''. Par ce geste, le gouvernement leur a donné les yeux et c'est à elles de les utiliser à bon escient.

Entre difficultés et espoir

En recevant ces technologies, les femmes des régions de l'ouest du Burkina ont vu leur un pan de leur espoir comblé. Elles n'ont pas manqué de l'exprimer. Cependant, tout en s'engageant à faire meilleur usage de ces technologies octroyées, elles ont évoqué des difficultés qu'elles rencontrent et égrené quelques doléances à leur ministre. Comme difficultés, les femmes du Sud ouest ont relevé les pièves manquantes dans certaine technologies, l'absence de pièces de rechange sur le marché local, la non-conformité de certaines technologies par rapport aux demandes formulées, les femmes des Cascades ont cité la non maîtrise de certaines technologies, l'absence de formation pour faciliter l'utilisation des technologies, les femmes des Hauts Bassins ont évoqué l'utilisation de leur maison en des fins électorales.

Comme doléances communes aux femmes des trois régions, on peut citer, l'accompagnement des associations et groupements bénéficiaires, la formation des membres chargés d'utiliser ces technologies, le renforcement des capacités techniques, financières des bénéficiaires. En guise de doléances par régions, les femmes du Sud ouest ont souhaité l'augmentation des crédits alloués aux femmes, les femmes des Cascades ont demandé la reconduction du programme PSCE (celui-ci ayant pris fin en décembre 2014) et la révision à la baisse du quota et les femmes des Hauts Bassins ont souhaité l'appui à l'organisation et à la structuration des organisations féminines. Car une association bien organisée à des membres plus responsables et arrivent à bien mener ses activités.

La satisfaction des responsables administratives des régions

La satisfaction des femmes des régions se lisait instantanément sur le visage des responsables administratifs des dites régions. En cœur, les présidents de la délégation spéciale de la commune de Gaoua région du Sud Ouest, de la commune de Banfora et de celui de la Commune de Bobo-Dioulasso se réjouissent de cette remise de technologies aux femmes. Ils l'ont vivement exprimé à madame la ministre. Pour eux, en dotant les femmes de technologies le MPFG vient renforcer leurs capacités opérationnelles et faire d'elles des actrices économiques dynamiques et engagées dans le processus de lutte contre la pauvreté.

Tout en assurant madame la ministre de leur pleine disponibilité à accompagner les femmes dans leur lutte contre la pauvreté, ils ont déclaré ne ménager aucun effort pour accompagner la femme afin qu'elle soit un véritable agent développement.

                                                                                                                                                                                                                 Sarah TAMOU