59ème session de la condition de la femme : L'année 2030 proclamée « date de Péremption » des inégalités entre hommes et femmes

Le 10 mars 2015, après l'ouverture de la 59ème session de la condition de la femme, présidée par le Secrétaire général de l'ONU, son Excellence BANK KI NOON, s'en est suivi un débat général qui  a concerné les suites données à la 4ème Conférence mondiale sur les femmes et à la session extraordinaire de l'Assemblée générale,intitulée "Les femmes en l'an2000 : égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXIe siècle : réalisation des objectifs stratégiques, mesures à prendre dans les domaines critiques et autres mesures et initiatives".

Au cours de ce débat général, les délégations des différents gouvernements ont prononcé des déclarations pour faire part des mesures prises pour assurer l'égalité entre les sexes et promouvoir l'autonomisation des femmes et des filles. A l'occasion, Madame Bibiane OUEDRAOGO/BONI, Ministre de la Promotion de la Femme et du Genre a, au nom du Gouvernement du Burkina Faso, fait une déclaration, qui fait ressortir les acquis du Burkina Faso en matière ÂÂ de promotion de l'autonomisation des femmes burkinabé.

Dans sa déclaration, Madame la Ministre a souligné que les politiques, les stratégies et les actions majeures entreprises et mises en œuvre par le Gouvernement, avec le concours précieux de ses partenaires au développement, ont permis d'obtenir des résultats positifs. Ainsi, des progrès ont été obtenus dans le domaine de l'accès des femmes aux sphères de décision, de l'éducation (taux de scolarisation des filles qui est passé de 30% en 2000 à 64,2% en 2014), de la santé (le taux de mortalité maternelle est passé de 484 décès pour 100 000 naissances en 1993 à 307 décès en 2010) et de l'accès des femmes à l'emploi. Aussi, des avancées ont été enregistrées dans le domaine de l'autonomisation économique des femmes à travers le programme spécial de création d'emplois pour les jeunes et les femmes mis en place depuis 2011, ainsi que dans le domaine de la promotion des droits fondamentaux des femmes et des filles.

Des avancées en matière d'autonomisation de la femme et de la jeune fille burkinabé

Madame la Ministre a relevé, toutefois, que le chemin à parcourir reste encore long. Les défis majeurs auxquels le Burkina Faso devra faire face dans le cadre de l'agenda pour le développement post 2015 sont, entre autresÂÂ :

- l'adoption d'une politique nationale de protection et de promotion des jeunes filles afin de lutter contre les violences basées sur le genre dans la société burkinabè ;

- l'élaboration d'une stratégie nationale de promotion de l'entreprenariat fémininÂÂ ;

- l'élaboration d'une stratégie d'accélération de la transversalité du genre dans tous les secteurs d'activitésÂÂ ;

- la mise en place d'un observatoire national genreÂÂ ;

- la mise en place d'un fonds national genreÂÂ ;

- le renforcement de la concertation et de la synergie d'action entre les différents acteurs au développementÂÂ ;

- la prise en compte effective de l'aspect genre dans l'élaboration des programmes de développement ainsi que l'allocation des ressources financières conséquentes pour leur mise en œuvre.

Outre la déclaration de la ministre de la promotion de la femme et du genre du Burkina Faso, il est ressorti du débat général que beaucoup de pays ont enregistré des avancées notables dans le domaine de la promotion de l'autonomisation des femmes. Au titre des avancées, on peut retenir, entre autres, ce qui suitÂÂ :

- l'existence de politiques ou de stratégies nationales en matière de promotion de l'égalité entre les sexes, de la transversalité de la dimension hommes-femmes et de l'autonomisation des femmes. Non seulement ces documents constituent des références pour les intervenants, mais aussi et surtout traduisent l'engagement et la volonté politiques des gouvernements à lutter contre les pratiques discriminatoires particulièrement défavorables aux femmesÂÂ ;

- l'engagement manifeste de tous les acteurs de développement pour un développement équitable et durableÂÂ ;

- l'existence et le fonctionnement de cellules/points focaux pour la promotion du genre dans de nombreux pays. Ce qui permet d'intégrer la problématique hommes-femmes dans tous les secteurs d'activitésÂÂ ;

- la tendance vers la parité dans l'éducation des filles et des garçonsÂÂ ;

- la réduction drastique des taux de morbidité et de mortalité maternelle ;

- l'implication de plus en plus renforcée des femmes dans les efforts liés à la protection et la préservation de l'environnement et à la lutte contre les changements climatiques;

- l'amélioration continue de la promotion, de la protection et du respect des droits fondamentaux des femmes;

-la participation de plus en plus accrue des femmes dans les sphères de décision au niveau administratif et politique ;

- la présence de plus en plus renforcée des femmes dans l'entreprenariat et des activités économiques.

Des défis majeurs à relever dans le cadre de la promotion de l'égalité effective entre les sexes

Par ailleurs, les déclarations des différentes délégations ont souligné des défis majeurs à relever dans le cadre de la promotion de l'égalité effective entre les sexes :

- l'application timide des textes et documents de lois et de politiques disponibles;

- la persistance des stéréotypes et des pratiques discriminatoires, particulièrement à l'égard des femmes ;

- l'image dévalorisante des femmes dans les médias ;

- la mobilisation des ressources financières, matérielles et humaines nécessaires à la mise en œuvre effective des politiques et stratégies favorables à la promotion de l'égalité entre les sexes ;

- le renforcement du partenariat entre tous les acteurs (organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers, les acteurs du secteur privé, les acteurs étatiques) ;

- le rôle des hommes et des garçons dans les actions en faveur de la promotion de l'égalité entre les sexes: ce rôle a été particulièrement souligné en ces termes : « Si l'on écarte les hommes et les garçons de la lutte contre les stéréotypes et les normes sociales, l'on risque de traiter les symptômes sans toucher les causes sous-jacentes du mal» ont prévenu les intervenants ;

- la promotion de la budgétisation sensible au genre;

- la prise en compte de toutes les préoccupations des femmes dans l'agenda pour le développement post 2015. Pour l'après-2015, les Ministres et représentants de Gouvernements ont appelé à un nouveau programme de développement qui prône l'intégration de l'égalité entre les sexes et de l'autonomisation des femmes dans les politiques macroéconomiques, la mobilisation de ressources pour financer les investissements dans les réformes qui permettront aux femmes de vivre et de travailler sur un pied d'égalité avec les hommes. Les intervenants ont soutenu fortement l'idée d'inclure dans le nouveau programme de développement pour l'après-2015 un objectif spécifique sur l'égalité entre les sexes et d'intégrer cette thématique dans tous les autres objectifs. «Les droits des femmes sont des droits de l'homme», ont rappelé les intervenants. Aussi ont-ils soutenu l'appel d'ONU Femmes pour que l'année 2030 soit proclamée « date de Péremption» des inégalités entre hommes et femmes.

DCPM/MPFG