La CONASUR PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 18 Septembre 2012 23:45

Rôle et organisation de la SP-CONASUR

A l'instar des autres pays du Sahel, le Burkina Faso est confronté depuis les années 1970 à un certain nombre de difficultés majeurs dues aux catastrophes telles que les sécheresses et les inondations.
Pour y faire face, le gouvernement crée, dès 1983, une structure ayant pour mission de prévenir ces phénomènes naturels ou de réduire leurs effets néfastes sur les populations et l'environnement, l'organisme est intitulé : Commission Nationale de Lutte contre les Effets de la Sécheresse (CNLES). Avec l'affirmation de la volonté des autorités gouvernementales de prendre en compte la gestion des autres catastrophes, la Commission est transformée en Comité National de Secours d'Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) dont l'organisation interne et le rôle se présente de la manière suivante :
Le CONASUR est créé le 5 mars 1993 par décret n¡ 93/PRES/069/SAS/F. Il est composé d'une quinzaine de départements ministériels et d'ONG, ces dernières étant représentées par le SPONG et la Croix-Rouge.
Son organisation interne est particulièrement décentralisée et se présente ainsi :

  • les Comités provinciaux de secours d'urgence et de réhabilitation (COPROSUR) au niveau des provinces;
  • les Comités départementaux de secours d'urgence et de réhabilitation (CODESUR) au niveau des départements;
  • les Comité municipaux de secours d'urgence et de réhabilitation (COMUSUR) au niveau des communes;
  • les Comités villageois de secours d'urgence et de réhabilitation (COVISUR) au niveau des villages.

Son rôle est centré sur la gestion des catastrophes naturelles au Burkina Faso. Les principales missions qui lui sont assignées sont :

  • élaborer et mettre en oeuvre le Plan national d'organisation et de coordination des secours d'urgence et de réhabilitation (PNOCSUR) en cas de catastrophe;
  • assurer la coordination, le suivi et l'élaboration des programmes d'atténuation des effets des catastrophes sur le territoire national;
  • assurer la formation du personnel administratif provincial dans le domaine de la prévention et la gestion des catastrophes;
  • éduquer et sensibiliser le public sur la prévention et la gestion des catastrophes naturelles.

En tant que structure nationale de secours d'urgence, il fait partie du dispositif de pilotage de la politique céréalière du Burkina Faso. Pour réaliser ces objectifs, le Secrétariat Permanent du CONASUR (SP/CONASUR) mène 3 types d'activités :

  • les activités de prévention;
  • les activités d'intervention d'urgence;
  • les activités de réhabilitation.

Activités du CONASUR
Activité de prévention

Son regroupées sous cette rubrique les différentes activités que le SP/CONASUR mène avant la survenue de la catastrophe. Ces activités visent à préparer les communautés (information, sensibilisation, organisation) et à renforcer les compétences des différents intervenants en vue de lutter efficacement contre les catastrophes et les sinistres. Elles se présentent de la manière suivante :

  • Formation des structures du CONASUR (COPROSUR, CODESUR, COMUSUR et CONVISUR) pour les rendre plus opérationnelles;
  • Organisation de séminaire de formation ou d'atelier sur la prévention et la gestion des catastrophes à l'attention des décideurs (Directeurs centraux, planificateurs régionaux, hauts-commissaires, maires) et des techniciens au niveau des ministères et ONG;
  • Information et sensibilisation du public sur les catastrophes naturelles (ex : organisation d'émissions et de jeux-concours dans les villages). Dans le cadre de la Décennie Internationale de la Prévention des Catastrophes Naturelles, le CONASUR a organisé des émissions et des jeux radiophoniques ciblés sur les mesures préventives et d'atténuation des catastrophes.

Quatorze séminaires/ateliers régionaux et provinciaux ont été organisés entre avril 1990 à mai 1996 et ont permis à 420 personnes de bénéficier d'une formation en matière de prévention des catastrophes et de gestion de programmes de secours d'urgence. Les séminaires provinciaux réalisés auprès des COPROSUR de la Sissili, de la Gnagna, du Sourou, du Bam et du Boulkiemdé ont donné l'occasion d'élaborer une stratégie de lutte contre les crises alimentaires. D'autre part, l'organisation de ses différents ateliers a permis d'aboutir à la réalisation d'un guide pratique de gestion des catastrophes au Burkina Faso (édité en 5 000 exemplaires).

Activités d'intervention d'urgence

Elles sont constituées essentiellement d'opérations de secours d'urgence aux victimes des catastrophes. Ces opérations ont pour but d'améliorer les conditions d'existence des sinistrés dans les premiers jours qui suivent la catastrophe. Les secours apportés visent à la satisfaction de eus besoins fondamentaux (santé, alimentaire, abris).
A cet effet, le CONASUR leur fournit une assistance en :

  • vivres (céréales, aliments pour enfant);
  • matériel de survie (tentes, couvertures, nattes, habits);
  • médicaments (services de santé).

C'est au niveau de ce type d'activités que le CONASUR joue le rôle qui lui revient dans le dispositif de pilotage de la politique céréalière : il approvisionne les zones à risques (zones déficitaires) en céréales par la mise en œuvre d'un programme d'assistance alimentaire d'urgence. Ces dernières années, l'accueil et la réhabilitation de Burkinabè rapatriés prennent des proportions importantes dans les activités d'intervention d'urgence du CONASUR.

Activités de réhabilitation

Ce sont les activités entreprises pour la réfection des infrastructures socio-économiques endommagées par les catastrophes. La réhabilitation permet aux populations sinistrées de reprendre le cours normal de la vie, car elle leur offre des possibilités de mener les activités sociales et économiques habituelles.
La stratégie de réhabilitation implique la participation active des populations des zones affectées par la catastrophe et le CONASUR appuie les efforts des communautés de base. Au titre de la réhabilitation des infrastructures collectives endommagées par les inondations de 1992, le CONASUR a pu mobiliser la somme de 400 000 000 de francs CFA.

Procédures habituelles d'intervention du CONASUR

Ces procédures sont valables pour l'ensemble des catastrophes ou des sinistres que le pays peut subir. Elles ont été appliquées ainsi jusqu'à présent. Cependant, dans le cas de crises alimentaires dues à une sécheresse, les procédures du CONASUR devront s'inscrire dans les procédures du PNOCSUR qui seront proposées ci-dessous.
Procédures au niveau central
Les interventions du CONASUR sont effectuées sur la base de constats de situation et de rapports d'évaluation basés sur des informations émanant des responsables des zones affectées par une catastrophe. La décision d'intervenir est déterminée par un certain nombre d'informations et de renseignements, à savoir :

  • l'identification de la catastrophe : lieu, durée, ampleur, nombre de victimes, dégâts, estimation des besoins( une fiche d'évaluation tenant lieu de canevas existe) ;
  • les informations fournies sont validées par une mission du CONASUR sur les lieux du sinistre;
  • la pertinence des informations requiert une intervention de première urgence dans l'attente d'introduire un rapport circonstancié en conseil des Ministres.

La décision du conseil des Ministres conditionne la mobilisation, tant intérieur qu'extérieure, des moyens à mettre en œuvre à l'aide d'opérations spécifiques.

Procédures au niveau décentralisé

Au niveau décentralisé, les procédures sont les mêmes :

  • constat de situation;
  • prise de mesures et dispositions d'urgence appropriées;
  • compte-rendu au niveau central en fonction de la gravité et de l'ampleur du sinistre pour intervention si nécessaire.

Moyens d'intervention

En cas d'urgence, les effectifs nécessaires à la réalisation des opérations font l'objet de réquisition tant au niveau central qu'au niveau décentralisé. C'est le cas pour les capacités de stockage qui sont soit réquisitionnées, soit louées.
D'autre part, le CONASUR dispose d'un parc de véhicules composé de camions de 7 à 30 tonnes de capacité et totalisant environ 150 tonnes de charge utile. En cas de nécessité, il peut aussi faire appel aux véhicules des opérateurs économiques privés pour ventiler les secours d'urgence dans les provinces sinistrées.
Sur le plan financier, c'est la Caisse de Solidarité Nationale qui appuie généralement les opérations de secours.

Domaines prioritaires d'intervention

Les domaines d'intervention concernent les principaux secteurs sociaux ci-après :

  • secteur de la sécurité alimentaire : aide alimentaire d'urgence;
  • secteur de la santé : médicaments essentiels;
  • secteur de la nutrition (groupes vulnérables : enfants, femmes enceintes et allaitantes, personnes marginalisées);
  • secteur élevage : distribution de sous-produits agro-industriels;
  • secteur matériel de survie : nattes, couvertures, tentes, etc;
  • réhabilitation - reconstruction.

Les interventions font chaque fois appel aux spécialistes des secteurs concernés.
Les procédures d'intervention dans le cadre de l'insécurité alimentaire
Depuis la mise en place du dispositif de pilotage de la politique céréalière, les procédures d'intervention du CONASUR dans le domaine d'une insécurité alimentaire des populations faisant suite à une forte sécheresse, diffèrent quelque peu.
A partir de 1995/96, les interventions sur le terrain sont liées à une déclaration de sinistre faite par le gouvernement. Cette déclaration permet d'annoncer officiellement que la crise est grave et permet au gouvernement d'accéder au SNS et aux bailleurs e fonds de faire des demandes d'aide alimentaire auprès de leur siège. Les deux dernières crises alimentaires ont été marquées par ces procédures : 1995/96 et 1997/98.

Suite à cette déclaration de sinistre, la mobilisation du SNS suit des procédures bien précises reprises dans le contrat-plan Etat-SONAGESS : seul le gouvernement a accès au SNS et pour y accéder, il doit remplir certaines conditions :

  • annoncer un programme d'approvisionnement en céréales soit au travers d'un lancement d'appel d'offres engagé par le gouvernement lui-même, soit par la mise à disposition d'une aide alimentaire. Les quantités requises pour ces programmes sont au moins égales à la moitié des quantités prévues dans la déclaration de sinistre;
  • notifier à la SONAGESS le programme d'approvisionnement entamé;
  • notifier à la SONAGESS, la décision de prélèvement d'une quantité au plus égale à la moitié des quantités prévues dans la déclaration de sinistre, accompagnée de la garantie de reconstitution (remboursement grain pour grain de qualité et quantité au moins égales à celles prélevées sur le SNS).

Actuellement, l'ensemble des prélèvements fait sur le SNS, ne doit pas dépasser les 2/3 du volume du SNS (stock physique de 35 000 tonnes). Ces mesures ont connu des difficultés d'application au cours des deux opérations citées précédemment. Le PNOCSUR complétera l'ensemble des procédures déjà en cours.

Contact
CONASUR 01 B.P. Ouagadougou 01 - Burkina Faso
Tél : (226) 34-70-03 - Fax : (226) 34-52-51
E-mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 
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